Musée Yves Saint Laurent Marrakech : Temple de la haute couture

À côté du Jardin Majorelle, un bâtiment de briques terracotta s’élève depuis 2017. Le Musée Yves Saint Laurent Marrakech présente l’œuvre du couturier français dans la ville qui l’inspira durant quarante ans. Cette institution culturelle, gérée par la Fondation Jardin Majorelle, expose les créations du maître de la haute couture dans un écrin architectural contemporain de 4000m².

Construction d’un projet posthume

Pierre Bergé lance le projet du musée après la mort d’Yves Saint Laurent en 2008. Le choix de Marrakech s’explique par les liens du couturier avec cette ville depuis 1966, date de sa première visite et de l’acquisition de la Villa Oasis avec son compagnon.

Le cabinet français Studio KO (Olivier Marty et Karl Fournier) conçoit le bâtiment qui s’inscrit dans l’environnement local tout en affirmant une modernité assumée. Les travaux s’achèvent en octobre 2017.

Le musée fait partie d’un dispositif international avec son homologue parisien, inauguré le 3 octobre 2017. Bien que la propriété juridique appartienne à la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent, c’est la Fondation Jardin Majorelle qui assure depuis le Maroc la gestion du musée, sa préservation et son animation culturelle.

Saint Laurent et l’influence marocaine

Yves Saint Laurent découvre le Maroc en 1966 et y établit rapidement une résidence permanente. Cette ville devient sa source d’inspiration principale pour plusieurs collections marquantes : la collection Maroc de 1967, les caftans adaptés des djellabas traditionnelles, l’utilisation des couleurs du Haut Atlas et l’intégration de broderies berbères dans la haute couture.

L’influence du Maroc se manifeste dans ses créations les plus novatrices, du smoking féminin aux transparences orientales. Les techniques artisanales locales, les matières et les motifs traditionnels nourrissent son travail créatif pendant quatre décennies.

La dispersion des cendres du couturier dans la roseraie de la Villa Oasis en 2008 confirme l’importance de Marrakech dans sa vie personnelle et professionnelle. Cette décision de Pierre Bergé justifie l’implantation du musée dans cette ville plutôt qu’ailleurs au Maroc.

Architecture et organisation des espaces

Le bâtiment du Studio KO utilise des briques terracotta locales selon des techniques constructives inspirées de l’architecture traditionnelle. Les murs-rideaux créent des jeux d’ombre et de lumière, tandis que les volumes courbes s’intègrent dans le paysage urbain marrakchi.

L’exposition permanente occupe 400 m² et présente l’œuvre chronologiquement et thématiquement, avec une scénographie conçue par Christophe Martin. Les vitrines exposent croquis, vêtements et accessoires selon une muséographie privilégiant la proximité avec les œuvres et mettant l’accent sur la technique couturière.

L’auditorium accueille conférences, projections et événements culturels. La bibliothèque spécialisée constitue un centre de recherche accessible aux professionnels et étudiants.

Contrairement au Jardin Majorelle voisin constamment bondé, le musée offre une expérience de visite plus apaisée. Les flux de visiteurs restent modérés, permettant de prendre le temps d’examiner les créations sans être dérangé par la foule. Cette atmosphère plus intime favorise une découverte approfondie de l’œuvre du couturier dans des conditions optimales de contemplation.


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